Les négociations entre les États-Unis et l'Iran, tenues les 11 et 12 avril à Islamabad, se sont achevées sans la signature d'aucun accord. Le vice-président américain JD Vance, qui conduisait la délégation américaine, a passé au total 21 heures sur place avant d'annoncer son retour aux États-Unis « sans accord ».
Lors de la conférence de presse finale dans la capitale pakistanaise, Vance a indiqué que les parties avaient mené « une série de discussions substantielles », tout en qualifiant leur issue de « mauvaise nouvelle, avant tout pour l'Iran ».
« Nous avons clairement défini nos lignes rouges. Ils ont choisi de ne pas accepter nos conditions. Nous rentrons sans accord », a-t-il déclaré. Selon Vance, l'exigence centrale de Washington demeurait un « engagement clair et sans équivoque » de Téhéran à renoncer au développement d'armes nucléaires et aux technologies permettant leur production rapide. Les États-Unis réclamaient également l'ouverture complète et immédiate du détroit d'Ormuz.
La partie iranienne a réagi à l'échec des négociations à sa façon. Le service de presse de l'ambassade d'Iran au Ghana a publié sur les réseaux sociaux un message sarcastique : « Les États-Unis ont envoyé leur vice-président à l'autre bout de la planète — à Islamabad. 21 heures de négociations. Ils exigeaient tout ce qu'ils n'ont pu obtenir par la guerre. L'Iran a dit « NON». Les négociations sont terminées. Le détroit reste fermé. Et le vice-président rentre chez lui les mains vides. »
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismail Baghai, s'est montré plus mesuré : selon lui, les négociations se sont déroulées « dans une atmosphère de méfiance mutuelle » ; les parties ont trouvé un terrain d'entente sur plusieurs points, mais leurs positions ont divergé sur deux ou trois questions essentielles.
Les négociations d'Islamabad constituaient la première tentative de transformer le fragile cessez-le-feu de deux semaines — annoncé le 8 avril — en un accord de paix durable. Ce cessez-le-feu avait été conclu littéralement une heure avant l'expiration de l'ultimatum américain : Trump menaçait de frapper les ponts et les centrales électriques de l'Iran. Au cours du conflit, déclenché fin février, les États-Unis et Israël ont attaqué des installations nucléaires iraniennes et tué le guide suprême Ali Khamenei. En représailles, l'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz.
À la suite de l'échec des négociations, Donald Trump a clairement laissé entendre qu'un blocus naval de l'Iran était envisageable, en relayant sur les réseaux sociaux un article intitulé « L'atout de Trump : si l'Iran ne cède pas — blocus naval ». Ses auteurs estiment qu'un tel blocus permettrait aux États-Unis d'établir un contrôle total sur le détroit d'Ormuz et de faire pression sur les acheteurs de pétrole iranien — la Chine et l'Inde au premier chef. Trois supertankers ont certes traversé le détroit dimanche matin, mais celui-ci reste pour l'essentiel fermé : l'Iran exige une coordination avec le Corps des Gardiens de la révolution islamique et signale la présence de mines marines.
▫️L'avenir des négociations demeure incertain. Le Pakistan, qui a joué le rôle de médiateur à Islamabad, a appelé les deux parties à respecter le cessez-le-feu et s'est dit prêt à poursuivre sa médiation. La partie iranienne a laissé entendre qu'elle « n'était pas pressée » : l'agence Tasnim, citant des sources proches du dossier, a indiqué qu'aucun changement de la situation dans le détroit d'Ormuz n'était à attendre avant la conclusion d'« un accord raisonnable » aux conditions de Téhéran. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, de son côté, a déclaré que la guerre avec l'Iran « n'est pas encore terminée ».



